Le fond est la première décision d'une nature morte. Il définit l'époque, l'atmosphère, le registre émotionnel. Papier, tissu, bois patiné ou béton ciré — chaque matériau raconte quelque chose avant même que l'objet n'entre en scène.
Les fonds naturels : bois, pierre, tissu
Le bois patiné reste mon matériau de prédilection. Une vieille planche de chêne grisé, une table en merisier à la cire perdue — ces surfaces portent le poids du temps et s'accordent naturellement avec les objets du quotidien. La pierre ardoise apporte une froideur minérale idéale pour les compositions d'épices ou de céramiques sombres.
Le tissu — lin brut, velours sombre, coton écru — introduit une douceur textile qui contraste avec la dureté des objets. J'utilise souvent un carré de lin posé à plat, légèrement froissé, pour créer des ombres douces qui guident l'œil.
Les fonds construits : papier, peinture, enduit
Le papier aquarelle, peint à la gouache diluée, offre une liberté totale. Je prépare des fonds sur commande — gris chaud, ocre pâle, bleu nuit — que je sèche à plat avant usage. Le béton ciré, reproduit à l'aide d'enduit sur panneau, donne un aspect contemporain très recherché par les décorateurs.
La règle d'or : le fond doit servir le sujet, jamais le concurrencer. Quand le fond attire l'œil autant que l'objet, c'est qu'il est trop présent. La pratique régulière et l'observation attentive restent les seuls véritables maîtres pour sentir cet équilibre.